Depuis 2022, les chiffres tombent régulièrement et ils ne racontent pas une histoire très légère. Loyers, alimentation, énergie… tout augmente. Et derrière ces lignes dans les rapports, il y a des situations bien concrètes. Des étudiants qui sautent un repas, d’autres qui enchaînent deux jobs. La question n’est plus seulement économique. Elle devient sociale, presque quotidienne.
Quand l’inflation sort des graphiques
On pourrait rester sur des courbes. Parler d’indices, de pourcentages. Mais sur le terrain, ça se traduit autrement. Un ticket de caisse un peu plus long que prévu. Une carte bancaire qui passe moins souvent. Et parfois, des choix à faire entre manger correctement et payer son abonnement de transport.
Dans les résidences étudiantes ou les colocations, les discussions tournent vite autour du budget. Certains réduisent les sorties, d’autres changent complètement leur manière de consommer. Le panier alimentaire devient stratégique. On compare, on calcule, on ajuste. Ce n’est pas nouveau, mais l’intensité a changé. Les profils les plus touchés restent ceux qui cumulent déjà plusieurs fragilités. Étudiants éloignés de leur famille, jeunes en alternance avec des revenus limités, ou encore ceux qui n’ont pas accès à un soutien financier régulier. C’est là que les formations comme le BTS ESF prennent une dimension très concrète.
Apprendre à gérer, vraiment
Dans les échanges avec des étudiants, un point revient souvent. On ne leur a jamais vraiment appris à gérer un budget. Pas en théorie, mais dans la vraie vie. Faire ses courses avec 40 € pour la semaine, comprendre ses charges fixes, anticiper les dépenses imprévues… ça ne s’improvise pas.
C’est là qu’interviennent les compétences liées à la gestion budgétaire. Dans le cadre du BTS ESF, les étudiants travaillent sur des cas concrets. Pas juste des exercices. Des situations proches de celles qu’ils pourront rencontrer sur le terrain. Ateliers collectifs, simulations, accompagnement individualisé… l’objectif reste simple : rendre les personnes autonomes dans leurs décisions.
Un exemple qui revient souvent dans les structures locales : les ateliers budget. Ils ne ressemblent pas à un cours classique. On y parle factures, abonnements, petites dépenses invisibles. Et surtout, on met des mots sur des situations que beaucoup vivent sans toujours savoir comment les gérer.
L’accompagnement individuel, loin des clichés
Il y a une idée reçue assez tenace. Celle qui consiste à penser que les étudiants en difficulté manquent simplement de rigueur. Sur le terrain, c’est rarement aussi simple. Il y a des parcours, des contextes, des imprévus. L’accompagnement individuel permet justement de sortir de cette vision rapide. Prendre le temps de comprendre une situation, regarder les ressources disponibles, proposer des ajustements réalistes. Dans les métiers liés à l’économie sociale et familiale, cette approche est centrale.
Les étudiants formés via le BTS ESF apprennent à écouter avant d’agir. Ça paraît évident dit comme ça. Mais dans la pratique, ça change tout. On ne propose pas la même solution à quelqu’un qui travaille à côté de ses études et à quelqu’un qui dépend uniquement d’une bourse. Ce travail se fait souvent en lien avec d’autres acteurs. Assistants sociaux, associations locales, structures étudiantes. L’idée n’est pas d’agir seul, mais de s’inscrire dans un réseau.
Des partenariats locaux qui prennent du sens
À Annecy, certaines initiatives commencent à émerger. Épiceries solidaires, distributions alimentaires, permanences d’accompagnement. Ce ne sont pas des dispositifs nouveaux, mais leur fréquentation a clairement évolué ces dernières années. Les partenariats locaux deviennent alors essentiels. Une école, une association, une collectivité… chacun apporte une partie de la réponse. Les étudiants en formation, notamment à l’école de commerce à Annecy, peuvent être directement impliqués dans ces dynamiques. Ce lien avec le terrain permet de comprendre rapidement une chose : les solutions toutes faites fonctionnent rarement. Ce qui marche, ce sont les actions adaptées, construites avec les personnes concernées. Dans ce contexte, la notion d’accompagnement social étudiant prend tout son sens. On parle parfois de précarité comme d’un bloc uniforme. En réalité, chaque situation a ses nuances. Et c’est précisément ce qui rend ces métiers intéressants. Il faut observer, ajuster, tester, parfois se tromper aussi.
Se projeter dans un rôle utile
Quand tu te formes dans ce type de parcours, la question de l’utilité arrive assez vite. Pas dans un sens théorique. Plutôt dans les missions du quotidien. Aider quelqu’un à mieux gérer son budget, éviter une situation de surendettement, orienter vers les bonnes aides… ce sont des actions concrètes, avec des effets visibles. Le contexte actuel ne fait que renforcer ce besoin. L’inflation ne disparaît pas du jour au lendemain. Et les publics jeunes restent particulièrement exposés.
Dans ce cadre, des formations comme le BTS ESF ne se limitent pas à un diplôme. Elles préparent à intervenir dans des situations réelles, parfois complexes, souvent humaines. Ce n’est pas toujours confortable. Certaines situations marquent plus que d’autres. Mais c’est aussi ce qui donne du sens à ce type de parcours. Tu vois directement l’impact de ce que tu fais. Et dans un contexte où beaucoup cherchent leur place, ça compte.